nav-left cat-right
cat-right

WRONGFUL ENSLAVEMENT: THE HEARTFELT PLEA OF FURCY

WRONGFUL ENSLAVEMENT: THE HEARTFELT PLEA OF FURCY

It was, unfortunately, not that uncommon for individuals of Indian and African origin to be tricked into slavery in the early 19th century Mascarenes.  There were cases of Indians embarking on ships as crew only to find themselves sold as slaves in Mauritius, while the story of Furcy, recounted below in his own letters, raised a whole series of questions about identity and slavery in France and her colonial possessions. The fact that Furcy was illiterate makes the long paper trail that he undertook to gain justice even more remarkable. His efforts to have himself declared ‘free’ seem to have been a long-drawn out process as the documents reproduced below indicate. Deprived of a fair hearing in Réunion, Furcy’s case was given a new lease of life when a Commission of Enquiry arrived in Mauritius to investigate the treatment of slaves on the island. At last, his case reached the ears of persons whose duty was, ostensibly, to protect the rights of the downtrodden….

PETITION OF FURCY TO THE COMMISSIONERS OF ENQUIRY INTO THE SLAVE TRADE AT MAURITIUS

Aux tres honorable Commissaire d’Enquetes de sa Majeste

Georges IV, Roi de Royaume Uni, de la G. Bretagne & Ireland.

Messieurs,

J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, un mémoire que j’ai présenté a son Excellence le gouverneur, Sir Lowry Cole, relativement à des reclamations fondées que je fais contre diverses personnes qui ont chercher et cherchent encore à me rendre esclave, quand je suis né libre. Cette affaire a été renvoyée devant les tribunaux de Maurice depuis environ un mois; et il m’a été nommé pour défenseur un Monsieur Brusard, avoué des indigents. Ne voyant rien de fait jusqu’à ce moment, j’ai cru bien nécessaire, pour ma cause, de vous instruire de tous les faits qui me concernent; et c’est pour cette cause que j’ai trouvé urgent et essentiel  que vous prendriez connaissance de mes doléances, fondées sur ce qu’il y a de plus juste et de plus humain.

Ne sachant point signer j’ai fait ma croix d’ordinaire remplacant mon nom de Furcy

X

P.Louis 9 Dec. 1826.

LETTER OF FURCY TO THE GOVERNOR OF MAURITIUS

Furcy to Lowry Cole

Fils d’une femme libre, je suis néanmoins dans l’esclavage: il me sera facile de vous démontrer toute la ruse qu’on a employée pour agir ainsi. Par un acte, en date du six juillet Mil sept cent quatre vingt neuf, passé à l’ile Bonaparte, actuellement Ile de Bourbon, ma mère reçut la liberté de Madame Veuve Routier. Dans cet acte il est dit: “que cette liberté lui est donnée en recompense de ses bons services, et pour remplir l’engagement qu’elle avait contracté, en France, de procurer la liberté à ma mère, qui ne lui avait été donnée et remise qu’à cette condition”. Vous remarquerez, Excellence, qu’en France il n’existe point d’esclave. Déjà vous avez aperçu que ma mère était libre. Des faits plus forts encore vont vous démontrer, jusqu’à l’evidence, combien cette assertion, de ma part, est certaine. En effet: Madgdelaine, née à Chandernagar, libre, fut, à l’age de dix ans, confiée aux soins d’une religieuse de cet endroit, nommée Dispense: elle passa en France, avec elle, et fut a l’Orient. Elles entrèrent dans un couvent.

C’est la que mademoiselle Dispense connut madame Routier; et c’est la qu’elle lui confia Madgdelaine, avec la condition qu’elle la ferait passer dans les indes: qu’elle etait loin alors de presager ce qui s’est passé depuis! Madame Routier, arrivée à Maurice, n’eut pas eu besoin de faire l’affranchissement de Magdelaine, si une intention secrète, et actuellement facile à conçevoir, ne l’avait guidée: Il fallait, pour elle, une sorte de perpetuité de service, dans l’esclavage de ses enfants; et ce fait est tellement vrai, que j’étais né quand ma mere fut affranchie. Et, néanmoins, il n’est pas question de moi dans son acte de liberté, quoique ma mère fut libre, elle sembla toujours être esclave; Madame Routier mourut en 1811, et ma mère en 1813.

Je ne pouvais trop, Excellence, vous faire savoir par quelles réunions de circonstances je me trouve dans l’etat où je suis; et comment il se fait que ma soeur soit libre, mariée, et veuve de Jean-Baptiste: Elle habite l’Ile de Bourbon. Monsieur Joseph Lory, gendre de Mme Routier, son héritier, reçut de ma mère la proposition de deux esclaves à ma place; et cette proposition a été rejetée.

Les détails que je viens de vous donner sommairement, Excellence, étaient bien connus de moi, pendant l’existence de ma mère.

Je souffris quatre ans encore tous les tourments de l’esclavage; mais, en 1817, connaissant plus encore mon état civil, je ne pus supporter ma triste situation; je m’addressai à Mons Bouchet, Procureur General, à L’Ile de Bourbon, il me confirma dans ces idées, que j’avais déjà acquises, que j’étais libre de naissance, ma mère n’ayant point été esclave et ayant touché, abordé et vécu sur le territoire français. Par une sorte de fatalité inconcevable, on connut l’opinion de Mons Bouchet; on m’arrêta: je fus emprisonné pendant onze mois et envoyé à Maurice, où je suis depuis le 10 Novembre 1818. J’arrivai à bord de la Clelie, Captain Floris. Je puis assurer, à son Excellence, que je n’ai point été recensé.

Aussitôt mon arrivée, je fus envoyé aux Trois Ilots, sur l’habitation de Mme Vve Lory. J’ai fait et je fais encore alternativement diverse fonctions. Actuellement j’apprends de Mons Edward Lory, que je dois lui appartenir, et que je retournerai à l’Ile de Bourbon.

Il est impossible que votre Excellence ne prenne point pitié de mon état; il est impossible que le malheur dans lequel je suis plongé ne vous interesse point. Vous faites partie de la nation la plus liberale qui soit au monde, et vous ne souppirez point qu’un homme libre reste dans l’esclavage.

Aussi c’est avec confiance que je m’adresse à vous, pour me faire sortir de la situation malheureuse, dans laquelle je me trouve. Votre Excellence considerera tout ce que l’on a fait à mon égard. Elle remarquera que ma mere, née libre, n’a pu produire un enfant esclave; elle remarquera, egalement, qu’ayant touché le sol européen, en venant es Indes, enfant, admise dans un couvent de religieuses, il doit être considéré pour certain, qu’elle ny était point comme esclave.  Votre Excellence, dont je connais toute la force de raisonnement, remarquera encore que puisqu’on ne m’a point recensé, a Maurice, c’est parce qu’on se trouvait dans une sorte d’impossiblité de le faire; et cette raison seule, d’ailleurs, sufirait pour vous déterminer à ne me considerer que comme un homme libre dont on veut détruire l’état civil. J’ai peint brièvement la situation malheureuse dans laquelle je suis. Le temps presse: mes persecuteurs semblent vouloir me faire sortir de cette ile; mais que votre Excellence me permettre, s’il le faut, de lui donner de plus grands détails, de vive voix, ou par écrit, et je confonderai ceux avec lesquelles j’ai affaire. Il n’est point inutile que vous remarquerez, qu’en supposant même qu’à l’Ile de Bourbon je paresse etre esclave, je ne peux point l’être à l’Ile de Maurice; parce qu’ici on ne conçoit point un état semblable au mien; parce qu’ici on a des lois regulières sur l’enregistrement des esclaves; parce qu’ici on vit sous un gouvernement, qui n’a rien tant à coeur que d’achever la noble entreprise qu’il a prise; celui de rendre à la liberté des hommes auxqu’elles d’autres l’ont ravie.

Je suis & c.     signé Furcy

NOTES MADE IN MAURITIUS RELATIVE TO THE FURCY CASE

Furcy est né à l’Ile de Bourbon, il est agé de 40 ans, sa mere indienne a été emmenée de Chandernagor en France, par une religieuse qui l’a mise au couvent avec elle, alors, elle avait 10 ans, et elle y est restée 4 ou 5 ans. Après ce temps, la religieuse la confia aux soins de Mme Routier créole de l’Ile de Bourbon, qui y fesait son retour; mais elle prit l’engagement de l’y etablir, pour qu’elle ne fut pas à charge a la colonie, ou de la renvoyer dans son pays: engagement que cette Dame n’a pas rempli, et au contraire, elle en a fait son esclave. Il y a plus de 30 années que la Dame Routier a rendu la liberté à cette indienne qui avait alors plusieurs enfants dont Furcy fesait nombre. Furcy recut en 1814 le conseil d’un homme de loi, de reclamer sa liberté, et il eut pour lui le Procureur general du Roi, Boucher qui avait pris connaissance de toutes choses: ce qui est enregistré à la Cour d’Appel (Conseil Royal) de L’Isle de Bourbon. Mais nonobstant les droits, il a été embarqué dans l’annee 1818 pour être remis ici à Madame Vve Lory  allié de la Dame Routier. Resté au service de l’un des fils de Me Vve Lory, pendant l’espace de 8 années, Furcy enhardi par l’arrivée des H.M.C. de S M. en cette ile, a cru, que n’ayant été porté sur aucun recensement de son prétendu maitre, et n’ayant point été passé à la toise, en dernier lieu, il devait reclamer la haute protection de son Excellence, et du Grand Juge, et a obtenu en resultat un patron de Justice.

Pamplemousses, 3 Avril 1827.  L. F. Marcenay.

© Marina Carter

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>