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Botanika – Aquarelles de Malcy de Chazal (1804 – 1880)

Botanika – Aquarelles de Malcy de Chazal (1804 – 1880)

Exposition gratuite, du 24 juin au 20 août 2016, Blue Penny Museum

info@bluepennymuseum.mu | bluepennymuseum.com

carMalcy de Chazal est née en 1804 aux Plaines Wilhems, à Maurice. C’est, nourrie du terroir de la propriété de son père, au Mondrain, non loin d’Henrietta, qu’elle grandit dans un environnement où la Nature tient la plus grande part. Très jeune, aux côtés de son père, elle explore la région, magnifique et encore riche d’une diversité végétale. L’étude des plantes joue un grand rôle dans son éducation personnelle et un rien rousseauiste. C’est probablement au Mondrain, près de Camp Mapou, dans la propriété de son père qui s’essaie avec difficultés à la sériciculture, que, par les hasards d’une des promenades qu’elle affectionnait de faire, Malcy de Chazal découvre un fameux Hibiscus genevii. Désirant immortaliser cette rencontre inopinée, elle en tire une œuvre picturale peinte à l’aquarelle. Elle n’a alors que 17 ans et se prend de passion pour cette expression artistique liée à l’Histoire naturelle et à la botanique. C’est d’Angleterre, où l’enseignement de la peinture est moins encadré qu’en France, que l’aquarelle, sans doute par l’intermédiaire de la Royal Watercolour Society, fondée en 1804 à Londres, acquiert une dimension nouvelle et se propage à Maurice. Là-bas, Samuel Palmer, Richard Bonington, William Turner sont les principaux acteurs d’un renouveau pictural où cette technique a toute sa place. La maison Winsor et Newton, célèbre fabrique d’aquarelles, est fondée en 1834.

En France, les peintres ne tardent pas à s’en servir en voyage et pour leurs croquis de paysage. Les Impressionnistes l’apprécient aussi pour sa spontanéité.

Il est donc assez normal qu’à Maurice même, nombre de peintres, Mauriciens ou de passage, se soient mis eux-aussi à affectionner ce medium artistique qu’est l’aquarelle. Leroy, Streatfield, Thom, etc.

Malcy apprécie particulièrement ce medium pictural qui lui offre sa grande facilité d’utilisation. Elle peut emporter sa boîte de couleurs en promenade et se met désormais à battre la campagne environnante à la recherche de plantes dignes de son intérêt. Aux côtés des botanistes de son temps, L. Bouton ou J. Caldwell, elle arpente la région afin d’en extraire une œuvre immense, consistant, ni plus ni moins, qu’en son environnement végétal, revu à l’aune de planches de botanique d’une beauté n’ayant d’égale que la précision !

Loin de ne se cantonner qu’aux plantes endémiques, elle choisit délibérément de traiter la Nature qui l’entoure telle qu’elle se trouve à cette époque, donnant autant d’importance à certaines plantes adventices considérées comme nuisibles, qu’à des espèces rares et déjà fort menacées. Ce qui l’intéresse, c’est le parti pris médicinal qu’on peut en tirer. En effet, l’époque est à la recherche de nouvelles thérapies et la région est pleine de populations de différentes origines aux savoir-faire empiriques particulièrement développés.

Avec Louis Bouton, botaniste de renom, ou James Caldwell, érudit Professeur au Collège Royal, elle s’intéresse à toute plante qui pourrait avoir une utilité médicale et collecte ainsi sa description picturale en même temps que scientifique. Son travail méthodique est particulièrement remarquable et témoigne d’une soif de connaissance des plus développées. À cette époque, les îles et leurs particularités intéressent au plus haut point les scientifiques européens. C’est l’époque des grands voyages d’exploration au cours desquels l’aspect descriptif et pictural avait une énorme importance.

L’Endeavour de Cook ou le Beagle de Darwin embarquaient toujours des artistes chargés d’immortaliser systématiquement les espèces florales ou faunistiques qu’ils allaient rencontrer durant le périple de leur circumnavigation. Nul doute que cette véritable soif de découvertes gagnera tous les esprits et contaminera plus d’un colon. Malcy de Chazal, accompagnée de ses mentors naturalistes, eux-mêmes en contact avec toutes les Sociétés savantes occidentales, tentera somme toute, la même aventure scientifique.

Au fur et à mesure, avec les années, le talent de Malcy grandit grâce à l’expérience. L’expression devient plus fouillée, le détail des fleurs, les graines vont gagner en précision. Elle trouvera des spécimens plus loin, à Curepipe, à la Mare aux Vacoas et à La Rosalie, mais son lieu de prédilection restera surtout le Mondrain, d’où la plupart des espèces représentées sont issues.

Malcy de Chazal a un caractère trempé et une personnalité hors du commun, elle fait preuve d’une grande cagindépendance d’esprit. En 1821, elle épouse Jacques, Gaspard de Chasteigner Dumée. Chose rare pour l’époque, ils divorcent en 1830. Un an plus tard, Malcy épouse en secondes noces, Frederick William Moon. Son second mari meurt à Port-Louis en 1862. En 1869, à l’âge de 65 ans, Malcy Moon n’hésite pas à accompagner J. Caldwell en Nouvelle Calédonie, via Melbourne. Le Gouvernement d’alors avait chargé ce dernier d’une mission destinée à rapporter des boutures de cannes à sucre de ce pays. Il fallait surtout réaliser une aquarelle de chaque échantillon pour l’identification à Maurice. Ce travail absolument remarquable, se trouve encore aujourd’hui au MSIRI. James Caldwell sera Magistrat à Rodrigues en 1875 et fera parvenir à Malcy des spécimens de plantes endémiques. En 1878, il est nommé agent d’immigration aux Indes. Malcy qui est alors âgée de 74 ans, l’accompagne à Calcutta où elle s’éteindra deux ans plus tard, en 1880. L’œuvre botanique et d’Histoire naturelle de Malcy de Chazal est absolument remarquable tant par l’ampleur de son projet, que par la précision et le rendu de chaque détail. Souvent, elle ajoutait à chaque spécimen peint, une notice explicative sur les propriétés médicinales et les utilisations connues de cette plante, de telle sorte que le travail accompli alors possède encore aujourd’hui, outre sa beauté artistique, un grand intérêt scientifique.

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