{"id":1637,"date":"2016-06-21T08:49:46","date_gmt":"2016-06-21T08:49:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.mauritiusmag.com\/?p=1637"},"modified":"2016-06-21T08:50:21","modified_gmt":"2016-06-21T08:50:21","slug":"botanika-aquarelles-de-malcy-de-chazal-1804-1880","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/?p=1637","title":{"rendered":"Botanika &#8211; Aquarelles de Malcy de Chazal (1804 \u2013 1880)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Exposition gratuite, du 24 juin au 20 ao\u00fbt 2016, Blue Penny Museum<\/strong><\/p>\n<p><strong>info@bluepennymuseum.mu | bluepennymuseum.com<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.mauritiusmag.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/car.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1638 size-full\" src=\"http:\/\/www.mauritiusmag.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/car.jpg\" alt=\"car\" width=\"205\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/car.jpg 205w, https:\/\/www.mauritiusmag.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/car-191x300.jpg 191w\" sizes=\"auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px\" \/><\/a>Malcy de Chazal est n\u00e9e en 1804 aux Plaines Wilhems, \u00e0 Maurice. C\u2019est, nourrie du terroir de la propri\u00e9t\u00e9 de son p\u00e8re, au Mondrain, non loin d\u2019Henrietta, qu\u2019elle grandit dans un environnement o\u00f9 la Nature tient la plus grande part. Tr\u00e8s jeune, aux c\u00f4t\u00e9s de son p\u00e8re, elle explore la r\u00e9gion, magnifique et encore riche d\u2019une diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale. L\u2019\u00e9tude des plantes joue un grand r\u00f4le dans son \u00e9ducation personnelle et un rien rousseauiste. C\u2019est probablement au Mondrain, pr\u00e8s de Camp Mapou, dans la propri\u00e9t\u00e9 de son p\u00e8re qui s\u2019essaie avec difficult\u00e9s \u00e0 la s\u00e9riciculture, que, par les hasards d\u2019une des promenades qu\u2019elle affectionnait de faire, Malcy de Chazal d\u00e9couvre un fameux Hibiscus genevii. D\u00e9sirant immortaliser cette rencontre inopin\u00e9e, elle en tire une \u0153uvre picturale peinte \u00e0 l\u2019aquarelle. Elle n\u2019a alors que 17 ans et se prend de passion pour cette expression artistique li\u00e9e \u00e0 l\u2019Histoire naturelle et \u00e0 la botanique. C&#8217;est d\u2019Angleterre, o\u00f9 l&#8217;enseignement de la peinture est moins encadr\u00e9 qu&#8217;en France, que l&#8217;aquarelle, sans doute par l&#8217;interm\u00e9diaire de la Royal Watercolour Society, fond\u00e9e en 1804 \u00e0 Londres, acquiert une dimension nouvelle et se propage \u00e0 Maurice. L\u00e0-bas, Samuel Palmer, Richard Bonington, William Turner sont les principaux acteurs d\u2019un renouveau pictural o\u00f9 cette technique a toute sa place. La maison Winsor et Newton, c\u00e9l\u00e8bre fabrique d&#8217;aquarelles, est fond\u00e9e en 1834.<\/p>\n<p>En France, les peintres ne tardent pas \u00e0 s&#8217;en servir en voyage et pour leurs croquis de paysage. Les Impressionnistes l&#8217;appr\u00e9cient aussi pour sa spontan\u00e9it\u00e9.<\/p>\n<p>Il est donc assez normal qu\u2019\u00e0 Maurice m\u00eame, nombre de peintres, Mauriciens ou de passage, se soient mis eux-aussi \u00e0 affectionner ce medium artistique qu\u2019est l\u2019aquarelle. Leroy, Streatfield, Thom, etc.<\/p>\n<p>Malcy appr\u00e9cie particuli\u00e8rement ce medium pictural qui lui offre sa grande facilit\u00e9 d\u2019utilisation. Elle peut emporter sa bo\u00eete de couleurs en promenade et se met d\u00e9sormais \u00e0 battre la campagne environnante \u00e0 la recherche de plantes dignes de son int\u00e9r\u00eat. Aux c\u00f4t\u00e9s des botanistes de son temps, L. Bouton ou J. Caldwell, elle arpente la r\u00e9gion afin d\u2019en extraire une \u0153uvre immense, consistant, ni plus ni moins, qu\u2019en son environnement v\u00e9g\u00e9tal, revu \u00e0 l\u2019aune de planches de botanique d\u2019une beaut\u00e9 n\u2019ayant d\u2019\u00e9gale que la pr\u00e9cision !<\/p>\n<p>Loin de ne se cantonner qu\u2019aux plantes end\u00e9miques, elle choisit d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment de traiter la Nature qui l\u2019entoure telle qu\u2019elle se trouve \u00e0 cette \u00e9poque, donnant autant d\u2019importance \u00e0 certaines plantes adventices consid\u00e9r\u00e9es comme nuisibles, qu\u2019\u00e0 des esp\u00e8ces rares et d\u00e9j\u00e0 fort menac\u00e9es. Ce qui l\u2019int\u00e9resse, c\u2019est le parti pris m\u00e9dicinal qu\u2019on peut en tirer. En effet, l\u2019\u00e9poque est \u00e0 la recherche de nouvelles th\u00e9rapies et la r\u00e9gion est pleine de populations de diff\u00e9rentes origines aux savoir-faire empiriques particuli\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n<p>Avec Louis Bouton, botaniste de renom, ou James Caldwell, \u00e9rudit Professeur au Coll\u00e8ge Royal, elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 toute plante qui pourrait avoir une utilit\u00e9 m\u00e9dicale et collecte ainsi sa description picturale en m\u00eame temps que scientifique. Son travail m\u00e9thodique est particuli\u00e8rement remarquable et t\u00e9moigne d\u2019une soif de connaissance des plus d\u00e9velopp\u00e9es. \u00c0 cette \u00e9poque, les \u00eeles et leurs particularit\u00e9s int\u00e9ressent au plus haut point les scientifiques europ\u00e9ens. C\u2019est l\u2019\u00e9poque des grands voyages d\u2019exploration au cours desquels l\u2019aspect descriptif et pictural avait une \u00e9norme importance.<\/p>\n<p>L\u2019Endeavour de Cook ou le Beagle de Darwin embarquaient toujours des artistes charg\u00e9s d\u2019immortaliser syst\u00e9matiquement les esp\u00e8ces florales ou faunistiques qu\u2019ils allaient rencontrer durant le p\u00e9riple de leur circumnavigation. Nul doute que cette v\u00e9ritable soif de d\u00e9couvertes gagnera tous les esprits et contaminera plus d\u2019un colon. Malcy de Chazal, accompagn\u00e9e de ses mentors naturalistes, eux-m\u00eames en contact avec toutes les Soci\u00e9t\u00e9s savantes occidentales, tentera somme toute, la m\u00eame aventure scientifique.<\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure, avec les ann\u00e9es, le talent de Malcy grandit gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience. L\u2019expression devient plus fouill\u00e9e, le d\u00e9tail des fleurs, les graines vont gagner en pr\u00e9cision. Elle trouvera des sp\u00e9cimens plus loin, \u00e0 Curepipe, \u00e0 la Mare aux Vacoas et \u00e0 La Rosalie, mais son lieu de pr\u00e9dilection restera surtout le Mondrain, d\u2019o\u00f9 la plupart des esp\u00e8ces repr\u00e9sent\u00e9es sont issues.<\/p>\n<p>Malcy de Chazal a un caract\u00e8re tremp\u00e9 et une personnalit\u00e9 hors du commun, elle fait preuve d\u2019une grande <a href=\"http:\/\/www.mauritiusmag.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/cag.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-1639 size-full\" src=\"http:\/\/www.mauritiusmag.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/cag.jpg\" alt=\"cag\" width=\"235\" height=\"359\" srcset=\"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/cag.jpg 235w, https:\/\/www.mauritiusmag.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/cag-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 235px) 100vw, 235px\" \/><\/a>ind\u00e9pendance d\u2019esprit. En 1821, elle \u00e9pouse Jacques, Gaspard de Chasteigner Dum\u00e9e. Chose rare pour l\u2019\u00e9poque, ils divorcent en 1830. Un an plus tard, Malcy \u00e9pouse en secondes noces, Frederick William Moon. Son second mari meurt \u00e0 Port-Louis en 1862. En 1869, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 65 ans, Malcy Moon n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 accompagner J. Caldwell en Nouvelle Cal\u00e9donie, via Melbourne. Le Gouvernement d\u2019alors avait charg\u00e9 ce dernier d\u2019une mission destin\u00e9e \u00e0 rapporter des boutures de cannes \u00e0 sucre de ce pays. Il fallait surtout r\u00e9aliser une aquarelle de chaque \u00e9chantillon pour l\u2019identification \u00e0 Maurice. Ce travail absolument remarquable, se trouve encore aujourd\u2019hui au MSIRI. James Caldwell sera Magistrat \u00e0 Rodrigues en 1875 et fera parvenir \u00e0 Malcy des sp\u00e9cimens de plantes end\u00e9miques. En 1878, il est nomm\u00e9 agent d\u2019immigration aux Indes. Malcy qui est alors \u00e2g\u00e9e de 74 ans, l\u2019accompagne \u00e0 Calcutta o\u00f9 elle s\u2019\u00e9teindra deux ans plus tard, en 1880. L\u2019\u0153uvre botanique et d\u2019Histoire naturelle de Malcy de Chazal est absolument remarquable tant par l\u2019ampleur de son projet, que par la pr\u00e9cision et le rendu de chaque d\u00e9tail. Souvent, elle ajoutait \u00e0 chaque sp\u00e9cimen peint, une notice explicative sur les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales et les utilisations connues de cette plante, de telle sorte que le travail accompli alors poss\u00e8de encore aujourd\u2019hui, outre sa beaut\u00e9 artistique, un grand int\u00e9r\u00eat scientifique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Exposition gratuite, du 24 juin au 20 ao\u00fbt 2016, Blue Penny Museum info@bluepennymuseum.mu | bluepennymuseum.com Malcy de Chazal est n\u00e9e en 1804 aux Plaines Wilhems, \u00e0 Maurice. C\u2019est, nourrie du terroir de la propri\u00e9t\u00e9 de son p\u00e8re, au Mondrain, non loin d\u2019Henrietta, qu\u2019elle grandit dans un environnement o\u00f9 la Nature tient la plus grande part.&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/?p=1637\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Botanika &#8211; Aquarelles de Malcy de Chazal (1804 \u2013 1880)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,6],"tags":[],"class_list":["post-1637","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-arts-culture-misc","category-people-misc","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1637","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1637"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1637\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1642,"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1637\/revisions\/1642"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1637"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1637"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mauritiusmag.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1637"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}